La BnF consacre à Georges Perec sa première grande exposition, « Georges Perec modes d’emploi », ouverte depuis le 13 octobre 2026 à la Bibliothèque François-Mitterrand et visible jusqu’au 14 février 2027. Près de 300 pièces y retracent l’œuvre de l’auteur de La Disparition, de ses manuscrits à ses jeux de contraintes, avec une exposition annexe gratuite à l’Arsenal.
- Du 13 octobre 2026 au 14 février 2027, Bibliothèque François-Mitterrand (Paris 13e).
- Près de 300 pièces : manuscrits, photographies, dessins, objets et œuvres d’artistes.
- Un parcours en six espaces baptisés A, E, I, O, U et Y, comme les voyelles.
- Billet à 15 € (10 € en tarif réduit) ; annexe « Le vrai du faux » gratuite à l’Arsenal.
Plan de l'article
Que montre l’exposition Perec de la BnF ? #
L’exposition réunit, selon la BnF, près de 300 pièces : manuscrits, photographies, peintures, dessins et objets issus de ses collections. Le fil rouge est le « mythe Perec » : comment un écrivain mort en 1982 est devenu une figure aimée bien au-delà des cercles littéraires.
Le commissariat est assuré par Claire Lesage, conservatrice à la bibliothèque de l’Arsenal, et Jean-Luc Joly, président de l’Association Georges Perec. La bibliothèque présente l’événement comme la première grande exposition consacrée à l’écrivain.
Le ton se veut ludique : jeux, dispositifs interactifs, vidéos et labyrinthes typographiques ponctuent la visite, avec des énigmes tirées de La Vie mode d’emploi. On y découvre aussi un Perec dessinateur et peintre, ainsi que des extraits de films auxquels il a participé.
Un parcours construit sur les voyelles #
Le parcours se déploie en six espaces nommés d’après les voyelles. Chacun correspond à un trait de l’œuvre que la BnF juge décisif dans sa postérité.
| Espace | Thème | Œuvres mises en avant |
|---|---|---|
| A | La diversité de l’œuvre | Les Choses, Un homme qui dort |
| [E] | L’absence | La Disparition |
| I | La contrainte, l’Oulipo | La Disparition, Alphabets |
| O | Les choses ordinaires | Je me souviens, Espèces d’espaces |
| U | L’ambition totale | La Vie mode d’emploi (manuscrits préparatoires) |
| Y | La littérature comme remède | W ou le souvenir d’enfance, Récits d’Ellis Island |
Le détail qui fera sourire les lecteurs : l’espace consacré à La Disparition s’écrit entre crochets, [E]. C’est un clin d’œil au roman de 1969 écrit sans jamais employer la lettre e, la plus fréquente du français.
Boltanski, Sophie Calle, On Kawara : les artistes invités #
Perec a nourri des générations de plasticiens. L’exposition le montre en accrochant des œuvres de Christian Boltanski, Sophie Calle, Sam Szafran, On Kawara et Roman Opalka, des artistes qui partagent son goût de l’inventaire, de la trace et du temps compté.
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Le dialogue s’étend à des créations plus récentes : maquettes de Clarence Stiernet, broderies du groupe Perecofil, dessins des auteurs de bande dessinée Brecht Evens et Étienne Lécroart. Ce dernier est d’ailleurs membre de l’Oubapo, l’ouvroir de bande dessinée potentielle, cousin graphique de l’Oulipo.
Pourquoi Perec fascine encore #
Né à Paris en 1936, Georges Perec obtient le prix Renaudot en 1965 avec Les Choses, portrait d’un jeune couple happé par la société de consommation. Il entre à l’Oulipo en 1967, le groupe d’écrivains qui fait de la contrainte un moteur d’invention.
Son chef-d’œuvre, La Vie mode d’emploi, reçoit le prix Médicis en 1978. Le roman raconte un immeuble parisien pièce par pièce, comme un puzzle géant. Le titre de l’exposition, « modes d’emploi » au pluriel, en est un écho direct.
L’apport du connaisseur : beaucoup de lecteurs de La Disparition y lisent l’histoire intime de l’auteur. Son père est mort au front en 1940, sa mère a été déportée en 1943. La lettre manquante devient alors la trace d’une absence. L’espace Y, centré sur W ou le souvenir d’enfance, prolonge cette lecture.
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Le vrai du faux : l’annexe gratuite à l’Arsenal #
La visite se prolonge à la bibliothèque de l’Arsenal (Paris 4e), qui conserve les archives de l’écrivain depuis 1984, selon la BnF. L’exposition « Georges Perec : le vrai du faux » s’y tient aux mêmes dates, en entrée libre.
Elle explore le goût de Perec pour le mélange du vrai et du faux : trompe-l’œil, pastiches, et la figure du faussaire, déjà au cœur de son roman posthume Le Condottière. Elle est ouverte du mardi au dimanche, de 12 h à 19 h.
Horaires, tarifs et réservation #
L’exposition principale est ouverte du mardi au samedi de 10 h à 19 h et le dimanche de 13 h à 19 h. Les caisses ferment à 18 h. Elle est fermée le lundi et les jours fériés, dont le dimanche 1er et le mercredi 11 novembre.
Le billet plein coûte 15 €, le tarif réduit 10 €. Un billet couplé avec le musée de la BnF est proposé à 18 € (13 € en réduit). L’entrée est gratuite avec le Pass BnF lecture/culture. La BnF recommande très fortement de réserver.
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Plan Vigipirate oblige, seule l’entrée Est du site François-Mitterrand est accessible. Des visites guidées ont lieu jusqu’au 11 février 2027, dont deux en langue des signes française, les 12 décembre et 30 janvier.
Conférences et catalogue #
Un cycle de rencontres accompagne l’exposition, de 18 h 30 à 20 h. Le 5 novembre, « La Ligne amicale » revient sur la camaraderie politique autour de Perec ; le 3 décembre, « Sonorités perecquiennes » ; le 16 décembre, une séance des Mercredis de l’Oulipo ; le 20 janvier, « Traduire Perec : mode d’emploi ».
Le catalogue, dirigé par les deux commissaires, compte 400 pages pour 42 €, d’après la fiche de la BnF. De quoi prolonger la visite, comme on prolonge une lecture qui interroge la mécanique du doute chez le lecteur.
Jusqu’à quand voir l’exposition Georges Perec à la BnF ?
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Combien coûte l’entrée ? Faut-il réserver ?Questions fréquentes
Jusqu’au 14 février 2027, à la Bibliothèque François-Mitterrand, du mardi au dimanche.
15 € en plein tarif, 10 € en réduit. L’annexe « Le vrai du faux » à l’Arsenal est gratuite.
Oui, la BnF recommande très fortement la réservation en ligne avant de venir.
À retenir #
« Georges Perec modes d’emploi » rassemble près de 300 pièces jusqu’au 14 février 2027 à la BnF François-Mitterrand, dans un parcours en voyelles pensé comme un jeu. Comptez 15 € et réservez ; l’annexe de l’Arsenal, gratuite, complète la visite.
Sources : BnF, fiche de l’exposition ; Paris.fr ; Oulipo.




